Canicule

Canicule : ( extreme Hitze ) des dangers en Cascade

(Le pêcheur de France, oct 2003, Christophe Barla) 

Réchauffement, Asphyxie, Parasites,Pollution…

Tels sont les dangers de mort qui guettent les poissons, en particulier les salmonidés lorsque le niveau des eaux baisse excessivement et qu’il fait chaud. L’élévation de température a pour conséquence directe de limiter la quantité d’oxygène dissous dans l’eau.
Plus l’eau est chaude, moins ce précieux gaz est présent. Les salmonidés sont les plus exigeants et demandent souvent des teneurs à plus des 7 mg/litre d’eau pour vivre normalement. Or, avec des températures d’eau dépassant 25 degrés en plein après-midi, la quantité dissoute ne franchit pas la barre minimale de survie ponctuelle des 5 mg/litre !
Les chevelus et petites rivières  possédant de fines lames d’eau sont les plus touchés en raison de leurs faibles réserves en eau, qu’elles soient souterraines ou originaires d’un petit bassin versant.
Conséquence : une mortalité  concernant les espèces plus fragiles comme la fario. Cette mort produite par étouffement est facilement identifiable au premier coup d’oeil : les poissons sont gueule grande ouverte et pipent en surface dans l’espoir de trouver quelques traces d’oxygène. La fin peut être rapide si la chute en oxygène est brutale ou prendre quelques heures voire plusieurs jours si le seuil de viabilité est tout juste atteint.

Il ne faut pas oublier que la température agit directement sur le métabolisme du poisson. Chaque famille possède des plages de température à laquelle elle est parfaitement à l’aise pour vivre. La dépasser entraîne une hyperventilation, une élévation du rythme cardiaque et une mortalité plus ou moins rapide. Les salmonidés sont malheureusement les plus touchés car leur exigence thermique est très base. Le stress qui survient alors augmente encore un peu plus le processus de consommation d’oxygène dû à une hyperventilation, ce qui sous-entend une mortalité supplémentaire.

Des végétaux qui asphyxient

Si la température agit sur le métabolisme des poissons et sur la quantité d’oxygène dissous, la forte présence de soleil et  de la chaleur débouche sur un développement excessif des végétaux aquatiques et en particulier des algues filamenteuses.

Elles envahissent tous les abords et si, par exemple, il y existe une station d’épuration qui ne fonctiopnne qu’à moitié, nous avons une véritable manne pour les végétaux qui trouvent tous les composants nécessaires à un développement exponentiel. En temps normal, les plantes aquatiques sont présentes en petite quantité sur un biotope à truites, mais lorsqu’elles colonisent la majeure partie de la riviére,  l’impact est tel qu’elles étouffent progressivement tout le monde aquatique.

Le mécanisme de la photosynthèse des végétaux, c’est-à-dire leur développement, correspond à une production d’oxygène le jour, immédiatement rendue à l’atmosphère  environnant pour des raisons de températures. La nuit, l’activité photosynthétique  des végétaux s’arrête, laissant place à l’assimilation de l’oxygène avec comme résultat que la verdure va pomper toute la biomasse présente, les poissons disparaissent mais les invertébrés aussi. (Animal qui n’a pas de colonne vertébrale.) Les insectes, les crustacés, les mollusques sont des invertébrés alors que les poissons, les reptiles, les oiseaux, les bactraciens et les mammifères sont des vertébrés ;( ils ont une colonne vertébrale). Bien sur, quelle que soit l’espèce aquatique concernée, les plus jeunes seront toujours les plus sensibles et ils subiront les conséquences de la canicule les premiers.

Des parasites assassins

Le manque d’eau a pour impact majeur d’abaisser, dans un premier temps, le niveau des rivières. Les poissons n’ont plus leurs repères, les caches sèchent au soleil et chacun essaie de retrouver un secteur tranquille.

Les pontes d’invertébrés disparaissent, brûlées par le soleil. Les poissonnets et autres juvénils sont prisonniers des trous d’eau annexes qui se tarissent peu à peu. La panique est telle que plus personne ne pense à s’alimenter. Les salmonidés se regroupent dans les quelques trous restants et un mince filet d’eau peut ainsi retenir tous les poissons du voisinage.

Si la canicule commence très tôt une année, elle rend la sécheresse encore plus cruelle et plus dévastatrice, usant les organismes et facilitant les maladies. Les parasites par exemple sont parfaitement à l’aise avec quelques degrés de plus. Le poisson, qui subit les attaques de ces microscopiques bestioles mangeuses de mucus et de peau, aura toutes les peines à s’en débarasser. Les plaies seront de grandes portes ouvertes produisant la furonculose (bakterielle Infektion )  et qui, bien souvent, est fatale aux salmonidés, les bio agresseurs De plus, l’espace vital se réduise et la promiscuité (Beengtheit ; Zusammengepferchtsein) augmente, les bio agresseurs ont la part belle pour passer d’un poisson à un autre.

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Le facteur de dissolution est également extrêmement important ; les sources de pollution, d’habitude suffisamment diluées pour éviter des mortalités directes, ont, sur des débits très fibles, concentré des quantités de toxines ! Sur certains cours d’eau très affaiblis, le débit de rejet des eaux usées était supérieur à celui de la rivière.

Bien sûr, tous ces apports conjugués à la matière organique déjà présente, consomment aussi de l’oxygène, et, ce, au détriment des espèces endémiques qui n’en ont déjà pas suffisamment pour eux. Des teneurs en micro polluant létales pour les espèces piscicoles, une température influant sur la fixation de nombreuses toxines comme les cyanures, ( Le cyanure est un poisn à action rapide qui peut se rencontrer sous plusieurs formes y compris les formes gazeuses, liquide et solides ), une forte activité respiratoire des poissons précipite leur fin.

Mieux vaut prévenir que guérir

Si nous avons peu d’actions à mener contre une canicule intense, en revanche l’utilisation de l’eau est l’affaire de tous : pour éviter d’assécher une zone humide, il faut, bien sûr, diminuer les débits en été. La consommation générale de l’eau est montrée du doigt et un minimum de civisme s’impose. De même, couper tous les arbres des bordures facilite le réchauffement et l’évaporation.
Ne reste à faire que d’attendre la pluie. Mais il faut alors une pluie fine et progressive, car avec une terre à ce point desséchée et ausssi peu perméable, des trombes d’eau pourraient entraîner des crues absolument dévastatrices.